Le document de « Programme de politique sociale pour la Ville de Dakar » présente notre cité capitale comme une mégalopole dont le trait de caractère essentiel est « l’explosion démographique galopante », avec son cortège de problèmes sociaux très graves, parmi lesquels la « pauvreté urbaine tentaculaire ». Une telle situation ne pouvait engendrer que promiscuité, anarchie et insécurité, dégradation du cadre de vie, accentuation des inégalités sociales, aggravation de la vulnérabilité des ménages et, surtout, rupture de la « traditionnelle solidarité communautaire ».
Le besoin était donc là, pour les autorités successives de la Ville de Dakar, d’imaginer un système de prise en charge de cette douloureuse situation. Il en fut ainsi du Projet d’appui aux familles en situation d’extrême pauvreté (PAFSEP), créé par l’ancien Maire Mamadou DIOP, puis du Crédit municipal de Dakar, mis en place en 2004 par son successeur Pape DIOP.
Cependant, très vite, le Crédit municipal a montré ses limites : il ne pouvait remplir correctement ses missions premières de lutte contre la pauvreté endémique des populations dakaroises et le chômage des jeunes et des femmes. C’est pour cette raison que dès son installation à la tête de la municipalité de Dakar, le Maire Khalifa Ababacar SALL s’est attelé à une refonte des systèmes et à la création de la toute nouvelle entité, dénommée Fonds de développement et de solidarité municipal (FODEM) et caractérisée par la plus value qu’elle apporte dans le concept de financement des projets, à travers « le regroupement de compétences et l’identification des niches de marché en croissance, pour l’émergence de secteurs productifs ».
En plus, digne héritier de ce que les anciens systèmes portaient de meilleur en eux, tout en laissant de côté les tares congénitales qui avaient précipité l’apparition de leurs insuffisances, le FODEM vise la lutte contre la paupérisation urbaine et féminine. C’est la raison pour laquelle, à côté du financement classique de micro crédits, le Fonds envisage d’intervenir avec des projets qui impactent directement et positivement sur le niveau de vie des populations (création de pépinières d’entreprises, de centrales d’achats et d’unités de production viables).
Et tout en conservant sa spécificité dans le maintien de l’équilibre entre sa mission sociale et son objectif de rentabilité, il entend jouer pleinement son rôle dans la lutte contre toutes les précarités et dans la promotion de « l’auto organisation » des populations, en vue de « la restauration ou du renforcement de leur dignité humaine ».
Les interventions en vue sont le financement de projet, l’appui aux secteurs émergents, la facilitation de l’insertion des jeunes issus de la déperdition scolaire, le renforcement des capacités des promoteurs, l’amélioration des revenus des couches de population les plus démunies et les plus vulnérables, la mise en place de filets de sécurité financière fiables, ainsi que de pépinières d’emplois, le financement d’action de formation et d’information des populations cibles, etc. Car, bien au fait des limites objectives généralement constatées dans l’action des institutions de micro finance (IMF), le FODEM va s’investir dans la formation et l’encadrement de ses ressources humaines et de ses sociétaires (formation des acteurs des imf, formalisation des structures bénéficiaires et faîtières, accompagnement des structures jusqu’à l’autonomie totale et bon suivi de l’existant).
Au chapitre des conditions d’éligibilité, le FODEM garde les mêmes critères que le ci-devant Crédit municipal. Les cibles principales sont les femmes et les jeunes avec, cependant, un élargissement permettant de couvrir les besoins en financement de l’ensemble des habitants des dix-neuf (19) Communes d’arrondissement, qui seront porteurs de projets rentables. Désormais il suffit, pour accéder aux financements, de justifier de sa nationalité sénégalaise, d’un projet viable, d’avoir les capacités requises pour gérer le projet, de résider et de mener une activité dans le territoire municipal de Dakar (les19 Communes d’arrondissement).
Bon vent !
Le FODEM garde les locaux de l’ancien Crédit municipal de Dakar, au numéro 3 de la rue Amadou Assane NDOYE X Béranger FERRAUD. BP : 32228-Dakar Ponty / Tel : (+221) 33 842 74 42
Amadou Fall BODIAN