Seneweb.com désigne M. Khalifa Sall, homme de l’année 2013

HOMME DE L’ANNEE 2013 : Khalifa Sall " Dakar a son Haussmann"


Khalifa Sall n’a pas lésiné sur les moyens pour rendre Dakar plus attractive. Néanmoins, même si des résultats spectaculaires ont été obtenus, quelques progrès restent à faire pour faire de Dakar une métropole moderne du 21ème siècle.


Khalifa Sall, 57 ans, maire de Dakar et candidat à sa propre succession aux prochaines élections locales en 2014, a le vent en poupe. Sa cote de popularité n’a jamais été aussi forte. A tel point qu'il est devenu aujourd'hui l’une des personnalités les plus emblématiques de la vie publique. L'ancien ministre et député allie toutes les qualités d'un homme d'Etat: un caractère bien trempé, un esprit visionnaire, un goût affiché du débat et de l’innovation en sus d’une conception assez forte des combats collectifs. Sa différence, il la cultive sur le plan des idées et de la méthode. De lui, on retiendra surtout ses travaux herculéens destinés à l’amélioration du cadre de vie.


Opération de pavage des rues


C’est en juin 2012 que le maire de Dakar a lancé la phase test de son projet de pavages des rues et des artères de la capitale. L’opération qui coute 5 milliards à la municipalité concerne toutes les 19 communes d’arrondissements de Dakar. L’objectif de ce programme, lancé par la société Haute intensité de main d’œuvre (Himo), est destiné à l’embellissement des rues de la capitale. Mais aussi de protéger l’important investissement sur les infrastructures routières. Ce projet avait accompagné un autre plus important, consacré aux routes secondaires dans les quartiers et qui s’élève à 11 milliards de Francs Cfa. Néanmoins, cet ambitieux projet, qui avait démarré sur la Corniche et à la Place de l’Obélisque où les premiers pavés avaient été posés, risque de ne pas arriver à son terme. La mairie de Dakar a reçu une sommation de la Direction pour la surveillance et le contrôle des sols (Descos) pour l’arrêt des travaux. Car, elle estime que le pavage empêche l’infiltration des eaux de pluies, qui risque de provoquer des inondations.


La fin de l’occupation anarchique


Depuis son élection à la municipalité de Dakar en avril 2009, Khalifa Sall s’était donné comme défi majeur : le relookage de la ville. Une de ses premières priorités a été de débarrasser les artères publiques de la ville de ses occupants anarchiques. Ainsi, plusieurs  opérations de désengorgement et de déguerpissement des marchés Sandaga, Tilène, Castors, Hlm5, Grand Yoff, etc ont été entreprises. Mais, ces décisions n’ont pas été sans provoquer quelques heurts. Et la tension reste vive entre le maire de la ville et les marchands, pour la plupart très remontés et qui ont exigé d’être recasés avant d’être déguerpis.


Fermeture de Sandaga


 Dans sa volonté de rendre la ville propre et attrayante, le maire Khalifa Sall s’est aussi engagé à une meilleure organisation des commerces et marchés. Après la fermeture du bâtiment de Sandaga, qui menaçait ruine et qui a pris feu une semaine après la mesure, l’heure est au recasement des commerçants. Ainsi, il s’est engagé à annuler toutes les festivités de fin d’année pour permettre à la municipalité de faire des économies. Les fonds destinés à ces festivités, à peu près 300 millions de Francs Cfa,  devraient être utilisés pour le recasement des ambulants de Sandaga sur le site du champ de course et à l’acquisition d’un nouveau marché, qui devrait coûter 1,5 milliards à la mairie.


Le retour des feux de signalisation


Circuler à Dakar était devenu un véritable parcours du combattant. L’absence de feux et autres panneaux de signalisation provoquaient des embouteillages qui donnaient le tournis aux automobilistes et même aux piétons. Après avoir été longtemps privé de feux de signalisation, la ville de Dakar a renoué en 2012 avec cette fonctionnalité, indispensable dans toutes les villes modernes. Au total, ce sont près d’une soixantaine de feux qui ont été installés  dans les carrefours de la ville. Grâce à un système des plus performants mis en place par Orange Sénégal, ces feux sont équipés d’un dispositif de surveillance  qui garantit une circulation plus fluide des automobiles.


Un ambitieux volet éducatif


L’éducation est le secteur dans lequel le maire a apporté le plus d’innovations. Avec son programme « Lait à l’école », notamment, ce sont près de 12 à 15.000 élèves qui bénéficieront d’un renforcement nutritionnel. La consommation de lait est désormais une partie intégrante du quotidien des élèves dakarois de l’enseignement élémentaire. Ces jeunes chérubins reçoivent tous les matins des berlingots de lait de 200 ml. Avec son slogan la « mairie en bon père de famille » Khalifa Sall a voulu révolutionner l’école sénégalaise. Outre le programme « lait à l’école », le maire de la ville a aussi mis en œuvre un projet de fabrication d’uniformes scolaires pour un montant de 650 millions de Francs Cfa. « Santé à l’école », qui consiste à la prise en charge intégrale de la santé des élèves de l’élémentaire public à Dakar, est un autre programme ambitieux mis en place par l’édile de la capitale. Ce programme est combiné avec l’installation de « Coins Hygiène » dans 20 établissements modèles répartis sur les 4 Inspections Départementales de l’Education nationale pour le renforcement des pratiques positives d’hygiène, notamment le lavage des mains au savon. L’action de la municipalité dans l’éducation englobe aussi le micro-jardin à l’école, les fournitures gratuites, les bourses scolaires, la gym à l’école, la natation à l’école et le soutien scolaire.


Renforcement de l’axe Dakar-Paris


 L’opération Tandem Dakar-Paris, présentée en mars 2012 à Dakar sur initiative du maire de Dakar et de son homologue parisien, a été lancée pour servir de pont entre les deux villes, historiquement et linguistiquement liées. Ainsi de mars à novembre 2013, Dakar et Paris ont navigué sur les mêmes eaux. Au menu des réjouissances culturelles : musique, danse, théâtre, cinéma, architecture. Autant d’activités qui ont donné naissance à un élan créatif et durable entre les deux capitales.

 

Encore un petit effort M. le Maire !


Malgré le dynamisme de Khalifa Sall, Dakar est encore loin de remplir tous les critères de la capitale moderne.  L’éclairage public, par exemple, est domaine dans lequel Dakar n’est pas exemplaire. Bien que la municipalité ait annoncé un projet d’installation de 14.000 nouveaux lampadaires à travers la capitale, Dakar reste pourtant mal éclairée. Une situation qui entraine la recrudescence des agressions dans la capitale, malgré la volonté affichée des autorités municipales de lutter contre l’insécurité par l’amélioration et le renforcement de l’éclairage public. Les élus locaux évoquent des difficultés liées à des vols, des actes de vandalisme et destructions des installations.


Dakar, noyée par les ordures


La gestion des ordures est un autre casse-tête pour Khalifa Sall et ses équipes. Les éboueurs de la ville en perpétuelle grève réclament des arriérés de salaires s’élevant à près de deux milliards de francs Cfa.  La municipalité de Dakar est pointée du doigt. Mais le maire  a tenu à clarifier cette situation. A l’en croire, sur un budget de 12 milliards de Francs Cfa prévu pour Dakar, l’Etat du Sénégal n’a remis que 7 milliards de Francs Cfa à la mairie. Les autres 5 milliards ont servi à payer des arriérés et autres salaires.


Manque d’espaces verts


Trouver un espace vert à Dakar relève d’un véritable parcours du combattant aujourd’hui. De plus en plus, les espaces verts disparaissent et laissent la place aux infrastructures routières et autres travaux d’extension de la ville. Une démographie croissante, une urbanisation à grande vitesse et un environnement négligé. C’est le nouveau décor de la ville de Dakar. L’empreinte environnementale a complètement disparu du cadre de vie. Ces havres de paix sont de plus en plus enlaidis par les tas d’immondices qui forment le décor naturel de la vie.