Khalifa Sall : ''On ne donnera aucun sou à Abass Ndao''

vdEnquette+: Le budget de consolidation de la ville de Dakar a été voté hier par les conseillers municipaux de la ville. Arrêté à 58 milliards 114 millions, il est destiné à terminer les projets entamés, depuis 5 ans.

Les conseillers municipaux ont voté hier le budget de la ville pour l'année 2014. Le maire de Dakar a profité de l'occasion pour se prononcer sur la situation préoccupante qui prévaut à l'hôpital Abass Ndao. Khalifa Sall a soutenu que la mairie ne peut pas continuer à donner de l’argent qui sert à payer des primes de motivation.

''La législation est claire : les primes de motivation et certaines indemnités, c’est le travail généré par l’hôpital qui permet de les payer. Si l’hôpital ne génère pas de ressources, ils ne pourraient pas être payés. Les travailleurs sont tout le temps en grève et ne cessent de réclamer des sous de motivation'', a-t-il déploré. Selon l'édile, Abass Ndao a beaucoup de problèmes et les 200 millions venant de la municipalité devraient servir  à relever le plateau médical.

''L’État a fait de très gros efforts en donnant 700 millions par an. Nous, nous avons donné deux fois 200 millions qu’ils ont consacrés à des primes. Nous avons dit qu’on ne paye plus. Mais il faut que les travailleurs nous disent les efforts qu’ils font.

Cette année, on a acheté pour 200 millions de matériel et ce sont eux qui ont dit le matériel acheté. Les dettes qu’on leur doit, ils refusent d’y renoncer'', s'est offusqué Khalifa Sall. A l'en croire, pour 2013, la mairie a consacré 300 millions, par appel d'offres, à l'achat d'un oxygénateur, parce que l’achat d’oxygène coûte cher à l’hôpital.


Le budget arrêté à 58, 114 milliards

Le budget de consolidation a été arrêté à 58 milliards 114 millions. Cette année, aucun projet n'est lancé. Selon le maire de la ville Khalifa Sall, il s'agit d'un budget de fin de mandat. ''Nous avons décidé de ne rien faire de nouveau. Nous allons payer toutes les dettes. Nous nous étions engagés à ne pas laisser à nos successeurs une situation financière délicate. Depuis 4 ans, nous avons lancé des projets qui vont, dans les 2/3, être terminés'', a dit M Sall.

En effet, certains chantiers vont se poursuivre, pendant plusieurs années. Ils concernent l’éclairage public et la voirie, pour un montant de 6 milliards de l’AfD. ''L’éclairage public est un endettement à taux de 0% sur 20 ans, 0,2% de taux d’intérêt et deux ans de différé. L’autre endettement sur la voirie porte sur les routes que nous sommes en train de faire dans les quartiers.

C’est un endettement sur 13 ans avec 5,5% de taux d’intérêt et deux ans de différé. Ces endettements sont longs et compatibles avec la capacité de la ville'', a-t-il expliqué. À propos du pavage des trottoirs, les conseillers ont décidé de mettre 1,6 milliard, pour multiplier leur capacité de production. Les conseillers municipaux comptent finaliser d'autres projets avant la fin de leur mandat. Il s'agit des gazons synthétiques et de l’hôpital des Parcelles Assainies.

 

Les marchands ambulants déguerpis dans quelques jours

Lors de la session budgétaire, le maire de Dakar a confirmé le déguerpissement des marchands ambulants. ''Dans 10 à 15 jours, nous allons dégager tout le centre ville jusqu'aux allées du Centenaire.

Nous sommes en train de nous donner les moyens pour qu'ils soient définitivement casés. Ils seront au champ de course où on a aménagé plus de 13 mille m², en attendant que les chantiers se dégagent'', a informé M. Sall. ''Si nous terminons Félix Eboué, Sogedak et Gate, nous n’aurons plus d’ambulants dans le centre ville jusqu’à colobane'', a-t-il souligné.

 

 ''La continuité territoriale... va être rompue''

Le maire de la ville a également évoqué l'acte 3 de la décentralisation, pour manifester son inquiétude. Khalifa Sall indique que ses agents municipaux sont les derniers Mohicans, car  l’acte 3 de la décentralisation va mettre un terme à 200 ans d’histoire de Dakar et 300 ans d’histoire pour Saint-Louis. ''Si j’ai un petit souci avec cette réforme, c’est que la continuité territoriale que garantissait la ville, dans son organisation antérieure, va être rompue.

Parce que chaque commune mènera la politique qu’elle pensera pouvoir et devoir mener. Quelle est la cohérence? Quels sont les moyens de mise en cohérence? Où est la continuité territoriale?'', s'est-il inquiété. ''Ce qui gêne, dit-il, c’est qu’au moment où, dans le monde en effet, la tendance est à la métropolisation, la tendance à l’intercommunalité, notre pays fait un autre choix dont il est libre. Mais nous le constatons, ces 5 ans d’exercice, on ne les aura pas. C’est fini'', s'est-il indigné.

Viviane DIATTA