Emprunt obligataire de la Ville de Dakar : Khalifa Sall dénonce le double langage de l’Etat

kasREWMI.COM: Le maire de Dakar et ses projets donnent-ils des frissons aux hautes autorités de la République ? Depuis 4 années, la Ville de Dakar porte un projet ambitieux pour le bien être des populations sénégalaises. En lançant un emprunt obligataire d’une vingtaine de millions qui a reçu le soutien du gouvernement américain, de la Banque mondiale, des cités et Villes unies d’Afrique, malgré les 3 avis de non objection du gouvernement du Sénégal, l’approbation du conseil municipal,  c’est le blocage. L’édile de la capitale fustige le langage flou des autorités et tacle le ministre Amadou Ba. De l’argent qui ne va pas dans le fonctionnement. De l’argent emprunté pour permettre à une collectivité locale de disposer de ressources autres que les taxes et recettes. Cela fait quatre ans que la Ville de Dakar mobilise ses ressources humaines, plus de quatre milliards, dans des études pour un projet ambitieux et révolutionnaire.

Cela fait sortir de leurs gonds des élus, comme Moussa Sy et Alioune Ndoye. Mais hier, le maire de Dakar les a tempérés. Ses partenaires, l’Usaid, la Bm, cherchent des voies et moyens pour une issue heureuse. Les services du ministère des finances  ne parlent pas le même langage. «Un ministre qui dit ne pas être informé», alors que l’Etat a signé. Il s’est rétracté par la suite.

En effet, trois avis de non objection du gouvernement du Sénégal, par le biais des services des finances, ont été signés. Les Présidents Abdoulaye Wade et Macky Sall ont pourtant soutenu le projet. Dakar new look. Une capitale où il «faut combattre la macrocéphalie», dira le premier magistrat de Dakar. Lors de ce conseil municipal, Khalifa Sall est revenu sur son projet avec une «création de zones de vies». Le projet a été porté par la Fondation Mélinda et Bill Gates. Dakar était en compétition avec d’autres Villes. Et comme le projet portait sur la lutte contre la pauvreté, il a vite fait de trouver des partenaires intéressés.

Mais les sorties, hier, à l’hémicycle du gouvernement, ont poussé le Maire de Dakar à réagir. En toute diplomatie. En évitant de «déflorer la confidentialité des courriers». Aujourd’hui que l’on parle du Sénégal émergent, voilà que  des «arguments sont opposés». Il s’agit, selon Khalifa Sall, de la «discontinuité, de la société de patrimoine, des effets contingents». Et après la sortie de Amadou Ba, le maire de Dakar «s’est fait une religion sur les prédispositions.

Le ministre évoque «aussi des problèmes techniques» et «d’endettement». Selon le maire, «la ville a une base juridique pour assurer la continuité des services et que les fonds de certains projets sont dans ce que l’on appelle un «compte séquestre». Il récuse, en même temps, les déclarations du ministre de l’économie et des finances qui lui a dit n’être pas informé de l’emprunt, alors que ses services ont signé l’avis de non objection. Mais, l’édile de Dakar reste optimiste. Car «les partenaires et les Dakarois attendent. La décentralisation a fait des pas importants et tout le monde nous jalouse». Et Khalifa Sall de souligner : «l’attitude du gouvernement gêne. Une autorité ne peut pas prendre une décision et se dédire. Car il y a des modalités et des délais où elle ne peut pas se rétracter».

Ndèye DIAW