Dakar évaluée pour la première fois par une agence de notation

La ville de Dakar a reçu une note de l'agence de notation financière Bloomfield Investment Corporation. Une première pour une collectivité locale en Afrique de l'Ouest.

Mis à jour le 22 octobre 2013 : la note attribuée à la ville de Dakar sur le court terme est bien A3 et non AAA comme indiqué précédemment.

L'agence Bloomfield Investment Corporation, basée à Abidjan, vient de finaliser la première notation financière publique de la ville de Dakar. La Capitale du Sénégal devient ainsi la première métropole de l'UEMOA et de la la zone FCFA a se voir attribuer une note. Dakar obtient la note de "BBB+", qui indique un risque d'investissement modéré, sur le long terme, avec une perspective positive. Sur le court terme, Dakar reçoit la note de A3 qui entre dans la catégorie "note d'investissement", avec une perspective positive. Selon les informations reçues par Jeune Afrique, l'attribution de cette notation est un préalable à l'émission d'obligations de la capitale sénégalaise à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) d'Abidjan en 2014.

Dakar concentre 75% du chiffre d'affaires des entreprises du Sénégal

Poids économique

Le rapport de Bloomfield Investment note également le poids économique de la ville ainsi que l'état de ses infrastructures. Avec ses 1,1 million d'habitants, Dakar accueille 21% de la population urbaine du Sénégal pour 10% de la population totale. Selon l'agence de notation, la ville représente également 75% du chiffre d’affaires réalisé par les entreprises du Sénégal et concentre 47% de l’espace d’accueil touristique du pays. À lui seul, le port autonome de Dakar totalise environ 95% du trafic commercial du pays.

Pour autant, les analystes de Bloomfield Investment relèvent des insuffisances notables. Ces dernières portent principalement sur "la forte dépendance actuelle des recettes de la ville à des impôts locaux dont elle n’a ni la maîtrise ni la gestion du recouvrement". Contacté par Jeune Afrique, Youssouf Carius, économiste en chef de l'agence de notation, précise ainsi que "70% des recettes de fonctionnement de la ville proviennent des impôts locaux, gérés et recouvrés au profit de Dakar par l’État sénégalais". Ceci se reflète dans "l’incapacité actuelle de la ville à prévoir ses recettes et à faire une planification chiffrée de ses programmes de développement au delà d’un an" poursuit-il.