Dakar, le 04 janvier 2010 Hôtel de Ville de Dakar CONFERENCE DE PRESSE DECLARATION LIMINAIRE

Dakaroises, Dakarois,

     Chers collègues, membres du Bureau municipal,

     Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux, 

     Mesdames et Messieurs les journalistes,

      Chers invités, 

 

     Au seuil du nouvel an, je voudrais, d’abord et avant tout, tant en mon nom personnel qu’au nom du Bureau et du Conseil municipal, présenter mes vœux ardents de santé, de bonheur et de succès à tous nos concitoyens. J’ai naturellement une pensée pour chacune et pour chacun. Je pense tout d’abord, en m’inclinant pieusement devant leur mémoire, à ceux qui nous ont quittés. Je pense ensuite, en priant pour qu’ils se rétablissent et retrouvent la joie de vivre parmi les leurs, aux malades que la vie éprouve chez eux ou dans les hôpitaux. Je pense à vous que la tristesse et la douleur tiennent à l’écart de l’enthousiasme de la vie. 

 

     J’associe à ces vœux tous les travailleurs du service public communal, hommes et femmes de valeur et aux compétences avérées. Je mesure pleinement les sacrifices qui sont les leurs parce que je sais qu’ils travaillent dans des conditions difficiles. C’est pourquoi, je veux leur rendre un hommage appuyé et leur dire toute ma fierté d’être aujourd’hui leur premier serviteur. J’affirme par là même ma ferme volonté d’instaurer des relations de confiance et de franche collaboration avec tous les segments de cette administration et leur assurer que l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail sera inscrite comme priorité dans notre feuille de route. Je voudrais également leur dire que nous allons mettre en œuvre une véritable politique de mobilisation des ressources humaines en offrant à chaque travailleur la possibilité de se construire une carrière au sein de l’administration municipale.

 

     Au-delà  du rituel de présentation des vœux, le nouvel an m’offre l’agréable opportunité de m’adresser aux Dakaroises et aux Dakarois d’abord pour faire droit à l’obligation de rendre compte  huit mois après l’installation du Conseil municipal de la Ville de Dakar et ensuite pour partager avec nos concitoyens les grandes orientations de la politique municipale pour les années à venir.

 

     Certes huit mois, ce n’est pas assez pour dresser le bilan d’une mandature prévue pour durer cinq ans, mais nous nous prêtons volontiers à cet exercice parce que nous nous étions engagés à promouvoir un mode de gouvernance qui intègre le citoyen dans le schéma de fonctionnement de la Municipalité. Il en sera ainsi désormais à la fin de chaque exercice budgétaire,

 

     En ce qui concerne l’exercice budgétaire 2009, ou tout au moins pour les huit mois qui ont suivi notre installation, la nouvelle équipe municipale et moi-même, avons pris le temps de l’imprégnation, de la réflexion, de la concertation, de la consultation, des exercices auxquels nous avons associé toutes les composantes de la Ville.

 

     En effet, la participation citoyenne est au cœur de la gouvernance urbaine. Le débat démocratique, l'expression de toutes les diversités et l’aménagement d’espaces de rencontres citoyennes sont les piliers sur lesquels repose l’action municipale. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, dans les premiers moments de notre investiture, nous avons installé le Conseil Consultatif de la Ville et des Comités Consultatifs dans les Communes d’arrondissement. Ces structures permettront aux populations de s’intéresser davantage aux projets de la ville et par conséquent, de contrôler l’action municipale, les rythmes de réalisation et les mécanismes de financement. Je veillerai personnellement à ce que la transparence soit l’indicateur de performance de la nouvelle gouvernance locale que nous mettons en œuvre.  

 

      Comme vous le savez déjà, le Conseil municipal a trouvé, à l’entame de la présente mandature, une situation financière caractérisée  d’une part par un budget surestimé avec des prévisions de recettes de 44 Milliards dont seuls 24 ont été réalisés et d’autre part par un stock important de factures impayées et de retard de paiement évalués à 13 Milliards. 

 

      Au regard de cette situation, nous avons jugé utile d’engager une politique d’assainissement des finances de la Ville par la contraction des dépenses prévues dans le budget 2009 pour éviter un renouvellement de l’endettement enregistré en 2008 et par l’établissement, en rapport avec la Recette Perception Municipale, d’un échéancier de règlement en vue d’apurer la totalité des arriérés de paiement. 

 

 

     Parallèlement, nous avons engagé la restructuration du budget 2009 au moyen de virements de crédits autorisés par le Conseil municipal pour financer les besoins d’investissements urgents des Communes d’arrondissement. Malheureusement, la situation budgétaire ne nous a pas permis de consacrer 1 Milliard à chaque Commune d’arrondissement mais nous avons pu programmer des investissements d’un montant de 200 Millions dans chaque Commune d’arrondissement.  

 

     Au total, les ajustements opérés sur le budget de 2009 ont permis de financer certains investissements prioritaires pour un montant de plus de Quatre Milliards (4.000.000.000 F CFA) de Francs CFA. Ces investissements, identifiés en parfaite synergie avec tous les Maires des Communes d’arrondissement, concernent essentiellement les travaux suivants : 

 

     - réfection de bâtiments administratifs :                                                       568.482.197 F CFA

 

     - aménagement :                                         320.558.936 F CFA

 

     - espaces verts :          330.050.000 F CFA

 

     - équipements sanitaires :                                                                       498.900.000 F CFA

 

     - équipements scolaires et culturels :                       1.268.900.000 F CFA

 

     - équipements sportifs :              470.032.200 F CFA

 

     - équipements marchands :                                        163.000.000 F CFA 

 

      Pour l’ensemble de ces marchés, les appels d’offres sont publiés et pour certains, les dépouillements sont en cours. 

 

      Mesdames, Messieurs 

 

     Les Dakaroises et les Dakarois expriment des attentes fortes pour une amélioration du cadre urbain et de la qualité de vie dans notre Ville. Ils exigent plus de sécurité, plus de mobilité, plus de salubrité. Ils ont raison car l’insuffisance de l’éclairage public, l’occupation anarchique de la voie publique, les ordures ménagères ainsi que les constructions hors normes ont dénaturé le visage de notre Ville. 

 

     Le budget, que le Conseil municipal vient d’adopter à l’unanimité, prévoit des investissements dans ces domaines prioritaires. Dès cette année, nous allons démarrer, avec le soutien de l’Agence Française de Développement et d’autres partenaires, le programme d’extension de l’éclairage public qui porte sur la pose de points lumineux dans tous les quartiers de Dakar ; le projet intègre le recours aux énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire afin de réaliser des économies sur la facture d’électricité de la Ville. Ce projet qui nécessite un financement d’un montant global de 14 Milliards de Francs CFA, permettra de développer l’efficacité énergétique et de faire de Dakar, la première ville africaine inscrite à la bourse des crédits carbone. 

 

      En même temps, nous allons nous donner les moyens de relever le défi de la salubrité. C’est pour cette raison et dans le cadre de l’Entente CADAK-CAR, nous allons renégocier les contrats avec tous les concessionnaires à travers un appel d’offres ouvert. Notre objectif est de parvenir à une gestion intégrée des déchets à travers un partenariat où les populations seront responsabilisées dans la collecte primaire des ordures et les concessionnaires seront chargés de l’enlèvement et du transfert. 

 

      Des actions seront également entreprises pour améliorer la mobilité urbaine. Avant la fin du premier semestre de l’année, nous allons engager le programme de modernisation des feux de signalisation dont le financement évalué à 2,5 Milliards de Francs CFA est déjà disponible. Il s’agit, à travers ce projet, de mettre en place un système de gestion du trafic routier par des outils de dernière génération. 

 

     Dans le même ordre d’idées, nous allons entreprendre une politique de restructuration et de réorganisation des activités marchandes dans la Ville. Il est bien possible de développer l’économie urbaine sans entraver la qualité de vie. Nous allons engager une politique d’aménagement et de construction de sites dédiés aux commerçants, aux marchands ambulants, aux artisans et aux autres gens de métier. Nous en avons discuté avec les marchands ambulants et sommes d’ailleurs très proches d’une solution de recasement sur un nouveau site d’une superficie de 4 hectares.  

 

     Notre ambition est de reprofiler la Ville pour en changer le visage. Dans ce cadre, l’objectif d’une ville sans sable d’ici cinq ans sera une des priorités de l’action municipale. Nous allons injecter sur quatre ans, plus de 4 Milliards de Francs pour le programme de pavage des rues ensablées. La réalisation de ce projet est essentiellement basée sur l’autopromotion des jeunes qui seront impliqués dans toutes les phases d’exécution (production, pose et entretien).  

 

 

 

 

     Depuis trois mois, les jeunes des communes d’arrondissement de Dakar sont regroupés et organisés dans des groupements d’intérêt économique. La Ville mettra à leur disposition quatre unités de productions de pavés acquises sur le Budget 2010 et réparties entre les arrondissements de Ngor-Almadies, Grand Dakar, Parcelles Assainies et Plateau. 

 

     Il s’agit d’une véritable politique de valorisation du capital humain qui sera accompagnée par une politique de responsabilisation  des jeunes à travers le projet de volontaires d’appui à  la gestion urbaine fondé sur l’engagement citoyen des jeunes à servir la Ville. Dans la semaine, nous allons lancer un appel à candidature pour la sélection de 500 volontaires afin de renforcer les capacités des autorités municipales dans la gestion de l’espace urbain et du cadre de vie. 

 

     Des efforts soutenus seront également réalisés pour rendre aux populations les espaces publics, les espaces verts, les places publiques, les ronds points et les jardins. Déjà, nous avons lancé les appels d’offres pour l’aménagement des Allées Seydou Nourou TALL, de la Place publique de Patte d’Oie et pour le pavage de certaines rues des Communes d’Arrondissement de Dieuppeul-Derklé et Sicap Liberté. Nous continuerons dans cette voie par une politique hardie d’aménagement et d’embellissement des espaces et places publics, de restauration des allées piétonnes, de création d’espaces de loisirs, de jeux et de parcs d’attractions.  

 

     De plus, nous allons promouvoir les conditions d’un développement local adapté et durable et recréer l’intercommunalité comme pilier indispensable à l’émergence d’une ville moderne. Il est impératif, à ce niveau, de conférer aux Communes d’Arrondissement les moyens de conduire une politique de proximité efficace et utile. La réflexion sur les axes prioritaires est déjà engagée et sa mise en œuvre entamée avec la poursuite du programme d’investissement dans chaque Commune d’Arrondissement pour un montant de 1 Milliard de Francs CFA.

 

       

 

     Mesdames, Messieurs 

 

     C’est à l’école que se joue l’avenir de notre Ville. Le projet éducatif c’est ce par quoi, surtout dans la période où nous nous trouvons, devrait commencer tout projet politique. Quelle vision, quelle culture voulons nous transmettre à nos enfants ? Quel type de citoyen voulons nous que nos enfants soient ? C’est la réponse à cette question essentielle qui guide nos actions en faveur de l’école élémentaire. 

 

     Je souhaite une école qui apprenne à l’enfant la citoyenneté  parce qu’elle est à la base de notre vie commune. Je souhaite une école qui apprenne à l’enfant qu’en respectant le bien public, c’est l’effort de tous qu’il respecte. Je souhaite une école qui leur fasse aimer le savoir comme la récompense du mérite. Je souhaite une école qui donne à tous les enfants une égale chance. 

 

     Voilà  pourquoi, l’école élémentaire sera le lieu d’exécution d’un ensemble de projets sociaux qui visent à en démocratiser l’accès et à y maintenir les enfants par une politique volontariste d’allégement des charges des parents d’élèves. Ainsi avec l’achèvement, dès cette année, du programme de réhabilitation des équipements scolaires qui a démarré en 2009 avec la réfection de Quatre Vingt Huit (88) écoles sur les Cent Cinquante Neuf (159) de la Ville, nous allons engager la généralisation du port de l’uniforme à l’école élémentaire, la fourniture du lait à l’école, le soutien scolaire gratuit, l’attribution de bourses scolaires en réorientant progressivement l’enveloppe actuelle des allocations vers l’école élémentaire, l’introduction de l’informatique à l’école qui vise la démocratisation de l’accès aux nouvelles technologies et l’apprentissage du maniement de l’ordinateur. 

 

     A l’école toujours, nous allons réintroduire la pratique de l’éducation physique et sportive (kid’s athletic, football à 7 et basket ball) et le suivi médical et sanitaire des écoliers. 

 

     Dans le domaine de la santé, les projets visent la mise en place de structures de santé de proximité avec une offre de soins de qualité orientée vers la prise en charge effective des attentes des populations. Les deux projets phares portent d’une part sur la construction d’un deuxième hôpital municipal aux Parcelles Assainies afin de répondre à la forte demande de soins qui provient des zones périphériques et de la proche banlieue de Dakar et d’autre part à l’élaboration et à l’exécution d’un programme de santé municipale et d’un plan stratégique 2010/2013 qui visent la mise en cohérence de l’offre de soins des structures sanitaires de la Ville. 

 

     Parallèlement, le budget 2010 prévoit des ressources pour la rénovation des équipements et matériels afin de relever le plateau technique des infrastructures sanitaires existantes  (hôpital Abasse Ndao et tous les centres et postes de santé).  

 

 

 

     C’est le lieu pour moi d’évoquer la situation de l’Hôpital Abass Ndao. Vous le savez, je suis particulièrement sensible au sort de cet établissement de santé. C’est pour cette raison que dès les premiers moments de mon élection, j’ai engagé des concertations avec les travailleurs en vue de résoudre définitivement les problèmes structurels qui l’assaillent depuis quelques années. Pour le moment, nous y avons injecté 282 Millions pour le rendre de nouveau fonctionnel. Je souhaite vivement que cette décision et la nomination d’un nouveau Directeur, désigné à la suite d’un appel à candidature transparent, contribuent à y maintenir un climat social apaisé afin que cette structure hospitalière puisse répondre à la forte demande de soins des populations. 

 

     Chères Concitoyennes, Chers Concitoyens, 

 

      Nous devons rendre à Dakar la fierté d’une Ville ouverte sur le reste du monde et plaque tournante de la vie politique, économique, sociale et culturelle de l’Afrique. Notre Ville a toujours été au cœur de l’agenda africain et international. Elle devra continuer à jouer ce rôle en même temps qu’elle devra rester une Ville cosmopolite, véritable carrefour intellectuel et culturel. 

 

        C’est pourquoi, nous avions décidé de présenter la candidature de Dakar pour abriter la sixième édition d’AFRICITES, le Sommet des Collectivités locales du continent africain. Notre candidature a été acceptée et notre Ville choisie pour devenir la capitale de l’Afrique du 4 au 8 décembre 2012. La victoire de Dakar à Marrakech a été le fruit d’une parfaite synergie entre les différents membres de la délégation sénégalaise et le résultat du soutien de l’ensemble des élus locaux, du Président de la République et du Gouvernement du Sénégal. 

 

     Ce choix de Dakar représente un défi que nous devons relever ensemble, avec les citoyens dakarois, les collectivités locales et l’Etat du Sénégal. Dans quelques semaines, le Comité d’organisation sera installé et présenté au public. Ce Comité d’organisation aura besoin du soutien de chacun et de tous dans l’exécution de sa mission. Je saisis cette occasion pour lancer un  appel à mobilisation pour qu’ensemble nous puissions relever le défi de l’organisation. J’invite le Président de la République, les autorités gouvernementales et les populations à s’investir dans ce beau challenge pour contribuer à la réussite de ce Sommet et pour faire d’AFRICITES 2012 le Sommet de la Téranga. 

 

      Mesdames, Messieurs 

 

     Le monde change. Nous devons porter l’exigence de changement parce que, dans ce monde en pleine mutation, l’immobilisme constitue le péril le plus dangereux pour les sociétés humaines. Nous devons donc nous tourner vers l’avenir en assumant l’audace d’un regard neuf sur notre Ville pour relever les défis du Troisième millénaire. 

 

     Pour relever les défis de la modernité, j’ai confié à un groupe d’experts (architectes, paysagistes, urbanistes, aménagistes) la mission d’engager une réflexion prospective. Le changement que nous entamons, dès maintenant, préfigurera l’image que nous donnerons à Dakar en 2025, c’est-à-dire une ville qui brandit fièrement les atouts et les atours d’une métropole moderne.  

 

     Il y a là des sujets de réflexion qui sont autant d’enjeux pour relever les défis de la gouvernance urbaine. Nous devons, à la lumière des exigences de notre époque et des défis de l’avenir, accorder de plus en plus de réflexion, de solutions et d’innovations à la construction de la nouvelle Ville. Pour ma part, je m’y engage et j’engagerais le Bureau et le Conseil municipal à construire avec tous nos concitoyens, à tous les niveaux de notre société, les utopies positives qui seront autant de lieux d’espérance.

 

     J’invite toutes les Dakaroises et tous les Dakarois, de tous âges, de toutes couches sociales et de toutes catégories professionnelles, à s’investir dans l’entreprise de construction que nous voulons impulser. Je veux vous dire ma conviction : au service de Dakar, il n’y a pas de camp ; il n’y a que les compétences et les idées de ceux qui veulent servir leur Ville. A tous ceux qui veulent servir notre Ville, je dis du fond du cœur que je suis prêt avec eux, à mettre en synergie nos talents et nos intelligences. Car au-delà de nos divergences de stratégies, de méthode et de vision qui sont, du reste, légitimes, il s’agit maintenant de construire des consensus dynamiques et de parvenir à des convergences positives orientées vers la prise en charge des aspirations de toutes les Dakaroises et de tous les Dakarois.

 

      Je vous remercie de votre attention./-

Khalifa Ababacar SALL

Maire de la Ville de Dakar