FORUM DE L’OBLIGATION MUNICIPALE EN AFRIQUE: Aucune raison de restreindre l’accès des Collectivités territoriales d’Afrique au marché financier

« Faire de ce forum un premier pas vers des dynamiques innovantes qui appuient nos collectivités locales dans la conduite du changement pour améliorer la gouvernance urbaine et optimiser le rendement du service public local au profit de nos populations », tel est le souhait du Président de CGLU Afrique. M. Khalifa Ababacar Sall, qui présidait hier lundi la cérémonie d’ouverture du Forum de l’Obligation Municipale en Afrique(AMBF) a dit que « dans un contexte de territorialisation des politiques publiques, le lancement du développement urbain reste un défi majeur pour les collectivités locales africaines confrontées à la faiblesse des ressources fiscales et aux contraintes des emprunts bancaires.  Et face à ces difficultés, les villes africaines doivent s’orienter vers des financements innovants, notamment vers le marché financier qui se présente comme une opportunité qu’il faut transformer en un puissant levier de financement du développement de nos collectivités locales ».

Cette rencontre de deux jours associe des autorités locales ; émetteurs, investisseurs, courtiers, agences de notation, juristes et législateurs dans une réflexion sur le marché financier, ses procédures, ses mécanismes, son avenir et les stratégies à mettre en place pour y accéder. 

« A travers ce forum notre objectif est d’arriver à créer une plateforme destinée à promouvoir le développement d’un marché des obligations municipales africaines et engager avec les acteurs du marché financier un partenariat stratégique qui sert la finalité du développement durable, inclusif et solidaire des collectivités locales africaines »conclura le Maire de la Ville de Dakar.

Une occasion pour le Secrétaire General de CGLU Afrique de rappeler qu’il est grand temps que les populations et décideurs africains considèrent plus sérieusement la relation entre la performance de leurs villes, l’amélioration du cadre et les conditions de vie des populations et la soutenabilité de la croissance économique avant de lister  quelques unes des questions que la rencontre de Dakar permettra de discuter à savoir :Quelles conditions mettre en place pour cela ?, Comment les collectivités locales africaines se préparent à cette nouvelle possibilité de se financer ?, Les marchés financiers sont-ils prêts et comment calibrer les interventions ? Quels instruments développer et à quels défis doivent-ils répondre ? Quels mécanismes de partage de risques promouvoir ? 

Rappelons que depuis plus de dix ans, les pays africains connaissent un taux annuel de croissance de leur PIB de l’ordre de 5%. La richesse cumulée des villes africaines est évaluée à 50 milliards de dollars et leur capacité actuelle d’endettement est supérieure à 8 milliards de dollars. Les bilans des 200 premières grandes Banques en Afrique totalisent plus de 1 000 milliards de dollars avec un produit bancaire annuel net d’environ 45 milliards de dollars.

Dés lors, il n y a aucune raison de restreindre l’accès des Collectivités territoriales d’Afrique au marché financier fulminera M. Jean Pierre Elong Mbassi.

Jacob BAMBA