Khalifa Sall menace : « Cette situation est gênante pour tout le monde, et si cette situation devait perdurer, nous sommes aussi un pays de droit… »

Le maire de Dakar est très remonté par les arguments du Premier ministre Mohamed Dionne, hier face aux députés qui faisait état d’une dette de la ville de Dakar pour justifier la suspension de l’emprunt obligataire. « On nous parle d’endettement de la ville et de compte spéciaux, mais la seule chose qu’ils ne veulent pas dire, c’est qu’il y a deux types d’endettement : un long terme qui sera payé par l’argent de la ville et un endettement de treize ans que nous paierons jusqu’en 2023. Ce sont les seuls prêts que la trésorerie  va payer » dira-t-il. 

Khalifa Sall qui subodore une volonté du Gouvernement de lui nuire, a noté qu’il ne s’aviserait jamais par des endettements à mettre en danger une collectivité locale qu’il dirige. « Ils savent qu'entre l’encours de la dette et le service, c’est au niveau du service qu’on apprécie la soutenabilité d'un endettement. D’ici 2023, chaque année le maximum que la ville va payer c’est 1,7 milliard. Et cela, ils le savent mieux que moi, donc quand ils viennent à donner un chiffre, sans dire quel est l’encours et quel est le service de la dette, il y une volonté qu’on n’ose pas qualifier » précisera-t-il. 

Et d'annoncer par la suite : « je suis un produit de l’ajustement structurel, je ne mettrais jamais en danger la collectivité locale que je dirige. Quand on nous dit que la ville a une dette etc..., nous sommes obligés de nous disculper, parce que les dakarois nous attendent, ils ont hâtent de voir cette ville changer et elle changera inchallah. Les partenaires internationaux nous font confiance et cette situation est gênante pour tous. Dans ce processus, nous avons impliqué beaucoup de partenaires qui nous font confiance, et quand un Gouvernement nous dit j’ai signé et je retire ma signature, là on a un problème. Et c’est ce problème que nous cherchons à régler, mais pas dans la confrontation. La décentralisation a fait des pas exceptionnels que tout le monde nous jalouse, mais si cette situation devait perdurer, nous sommes aussi un pays de droit, et on se réservera le droit d’en user... »