Le Ministre des finances Amadou Ba pose le débat sur la fiscalité des communes dans le cadre de l’acte 3 de la décentralisation

Il n’y a aucun doute pour le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba. Avec l’Acte 3 de la décentralisation, il faut fondamentalement revoir la question des recettes pour aider véritablement les communes qui sont dans des difficultés, du fait des compétences transférées. Le ministre Ba pointe même l’échec futur de l’Acte 3. 

S’exprimant, hier, lors de l’examen du projet de loi N°27-2014 relatif au Waqf, Amadou Ba, ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, a déclaré : «Aujourd’hui, c’est clair, la fiscalité actuelle ne permet pas à plusieurs communes de pouvoir faire face aux dépenses transférées. C’est impossible. On me dira qu'il faut élargir l’assiette, mais c’est la chose la plus difficile à faire. Ici, on préfère régler tout avant de payer les impôts, tandis que dans les grandes démocraties on préfère payer les impôts avant de faire autre chose», a expliqué le ministre pour qui, même si les crédits nécessaires pour les communes ont connu une hausse, il y a une réflexion dont on ne peut pas faire l’économie. Cela, étant donné qu’il y a un nombre de communes beaucoup plus important. 

 

Amadou Ba agite l’échec futur de l’Acte 3

En effet, pour le ministre des Finances qui pose ainsi le débat sur les manquements de cette réforme, la question est de savoir «quelle fiscalité pour l’Acte 3 de la décentralisation» il s’agit. «Si on fuit ce débat, dans les années à venir, il va falloir constater l’échec de l’Acte 3. Les villes avaient une fonction de redistribution, elles collectaient l’essentiel de l’impôt et le redistribuaient aux communes d’arrondissement. Maintenant, est-ce que cette logique tient toujours au moment où les communes d’arrondissement sont des communes de plein exercice. Il y a un débat», a-t-il fait remarquer.

 

«Nous avons 50 entreprises qui donnent 80% des recettes»

Quoi qu’il en soit, selon Amadou Ba, avec cet Acte 3 de la décentralisation, ce débat mérite d’être posé le plus rapidement possible. «C’est une question qu’il faut dresser froidement. En tout cas, il faut une répartition autre que la répartition actuelle. Ça, c’est incontournable. Nous avons 50 entreprises qui donnent 80% des recettes, c’est des options sur lesquelles il faut réfléchir», a soutenu Amadou Ba.